95 en force

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# Posté le lundi 26 novembre 2007 01:09

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# Posté le samedi 24 novembre 2007 16:06

Ras Ti Lang

Ras Ti Lang
Ras Ti Lang (ras petite langue)

est celui qui a pris le flambeau du seggae,
permettant à cette musique de survivre
aprés la mort de KAYA, le roi du seggae.
Comme tout les soldat du peuple,
Ras Ti Lang s'inspirait de la réalité mauricienne
pour les paroles de ses chansons.

Un jours, Ras Ti Lang est victime d'un accident,
le chanteur a sa langue coupée en deux
et tout le monde pense que sa carrière
est terminée.
Pendant plusieurs jours, il ne peux plus parler,
mais chaque matin,
il prend son djembé et il se rend au bord d'une rivière ,
pour faire des exercices vocaux,
afin de pouvoir recommencer à chanter.
Nous ne pouvons que lui rendre hommage,
Ras Ti Lang le chanteur à la langue coupé,
car il perciste, et arrive a chanté de nouveau...
BIG UP TI LANG !!!

Ti Lang chantait pour partager ses souffrances et ses peines,
sa musique était sa seul façon de s'exprimer.
Sa langue n'était pas son seul handicape,
il ne savait ni lire ni ecrire !!!
Il avait été victime de la séparation de ses parents,
qui ne l'avait jamais envoyé à l'école...
Malgrès tout cela,
Ras Ti Lang réussi le tours de force
de composer 2 albums,
et quand des personnes lui demandent comment il fait,
il repond que tout est dans sa téte,
que c'est un don du bon dieu...

Ras Ti Lang chantait ce qu'il ressentait,
il chantait les problemes auxquels sa petite île
devait faire face,
là où il y avait de l'injustice, il s'exprimait.
Ses chansons sont émouvantes ,
de réalité au quotidien et font ressentir la misère
des gens simples et la souffrance
de son combat pour la justice et la vérité.
C'est vraiment trés poignant et beau.
RESPECT TI LANG !!!

Sa voix donnait le frisson, ressemblait à celle de Kaya.
Ras Ti Lang, frêle sous son bonnet rouge, jaune, vert,
ne chantera plus la cause des Citoyens.
Ne dira plus Assez Assez pour que les oiseaux
de mauvais augure le laissent en paix.
A 30 ans, l'enfant de Vallée des Prêtres s'est éteint
dimanche 18 juillet 2004 vers 6h du matin à l'hôpital Nehru,
où il avait été admis en proie à des douleurs à l'abdomen...
Il a été enterré hier lundi 19 juillet à Mahébourg.

Son état c'était aggravé de jours en jours,
mais ses gardiens de prison l'ont enmené
trop tard à l'hopital pour être convenablement soigné...
Arrêté pour vol à Pamplemousses, il avait
été placé en détention préventive le 24 juin 2004
et incarcéré à la prison de Beau Bassin le 7 juillet.

Trentenaire habitant Terre Rouge avant son arrestation,
Ras Ti Lang, de son vrai nom Jean Webb Brigitte,
cultivait le mystère.
La philosophie rasta, il l'a découverte
avec l'illustre Berger Agathe.
Ras Ti Lang a été bassiste de Ovajaho, formation d'Agathe.
“Nou ti partaz mem trans meditasion mizikal,” martelait Ti Lang
au souvenir des disparus de février 1999, palpable dans ses solos.
Au divorce d'Ovajaho en 1992,
Ras Ti Lang forme un noyau dur autour de lui : Evo 8.
De concerts en animations de quartier,
il est repéré par Clifford Candahoo,
qui est alors membre de Jalsa trio,
produit par la maison Wanadoo.
Frappé par la similitude vocale avec Kaya,
celui-ci le présente au producteur Michael Chang,
qui qu'en il l'enttend, le fait signer de suite...

La collaboration aboutie à un premier album en 2001 :
Evolusion.
Huit titres émouvants de simplicité.
"citoyen, lévé citoyen..."
Du seggae aux sentiments épurés.
Des clichés d'un quotidien poignant par sa misère,
ses révoltes, son attente d'un ailleurs qui ne vient pas...

Lors de ses funérailles,
beaucoup de moricien se sont déplacés
pour lui rendre hommage sur le terrain de basket
à Batterie Cassée ou sa dépouille était exposée.

Cela me fait enormément plaisir de savoir
ke les moriciens ont rendu un bel hommage,
sa prouve ke le combat de RAS TI LANG
été bien perçu par les moriciens.

Je rend un hommage de ce qui à de plus respectueux
à RAS TI LANG, le chanteur à la langue coupé,
celui ki ne savé pas lire et ni écrire,
celui ki a eu une vie misérable mais brillante.

L'ile maurice perd encore un autre de ces pilier,
combien de temps cela va-t-il duré ???
RAS TI LANG fait partie d'une longue liste
de réprésentants du seggae
ki ont été martyrisés, battus et assassinés...

# Posté le mardi 17 juillet 2007 07:14

Les saddhous

Les saddhous
Les sadhus constituent environ 0,5 % de la population Indienne. Ils vivent d'habitude en marge de la vie quotidienne. Bien sûr, bien des Occidentaux ont entendu parler de certains "gourous" qui prêchent , mais bien peu ont entendu parler des sadhus.

Bien que Les Grecs visitant l'Inde aux alentour de 300 ans avant JC les aient appelés "philosophes nus" et plus tard, les visiteurs occidentaux "fakirs" , leur existence semble oubliée . Leurs pouvoirs et leurs façons d'être d'un autre monde sont étonnants et quelque peu effrayants. Ils n'ont rien de commun avec les humbles saints du Christianisme.

On peut admirer leur choix d'une vie libre, sans possession, sans confort, sans plaisir des sens et sans responsabilités, mais au delà de tout cela, c'est avant tout leur beauté qui nous frappe.

On peut craindre leur disparition dans ce monde au consumérisme en expansion, mais leur survivance à travers les siècles et leur résistance à l'invasion d'autres cultures incitent à parier sur leur existence future.

La lumière intérieure

Dans la culture Indienne, l'illumination est le but de la vie et les mystiques qui consacrent la leur à la recherche de la "lumière intérieure" sont très respectés.

La "lumière intérieure" est inconnue de l'esprit humain ordinaire, c'est une part de la conscience cosmique. L'esprit humain ne peut se la représenter et seul le langage des arts et la poésie en donne une image approchante.

Le Panthéon Indien comporte des milliers de dieux et déesses dont les représentations servent à approcher l'idée de "l'Absolu", du Dieu le plus abstrait : le Brahman. Parmi cette multitude, les trois principaux dieux sont Brahma le Créateur, Shiva le Destructeur, Vishnu le préservateur.

Bien que Brahma soit à la tête de cette trinité, Shiva et Vishnu et leurs diverses manifestations et incarnations représentent différentes philosophies et traditions religieuses. L'hindouisme est divisé en dévots de Shiva : les Shivaistes et en dévots de Vishnu : les Vishnuistes.

c=#ff0000]Les Saints hommes

Les mystiques professionnels sont appelés "sadhus". Ils ont choisi la voie de l'ascétisme et du yoga afin d'atteindre la "lumière intérieure", la libération des choses terrestres et la connaissance de l'Absolu. Cela implique une reprogrammation du corps et de l'esprit par diverses méthodes comme le célibat, la renonciation, des disciplines religieuses, la méditation et l'austérité.

Le terme désignant cette méthode est "Sadhana" "le moyen d'atteindre un but particulier" d'où le nom de sadhu. Les sadhus sont considérés comme des hommes saints représentant les dieux.

L 'ascétisme et le yoga en tant que sciences et méthodes mystiques utilisées pour rétablir le lien entre l'âme individuelle et l'Absolu ou plutôt pour réaliser leur unité fondamentale sont une invention indienne dont on retrouve des traces jusqu'à environ 4500 ans avant notre ère.

Il y a tout de même une contestation sur l'exactitude des dates et lieux. Une théorie prétend que l'ascétisme est implicite dans l'enseignement des saintes Védas introduites en Inde par l'invasion des tribus Aryennes 1500 ans avant JC. Une autre théorie qui semble soutenue par des découvertes archéologiques soutient que l'origine de l'ascétisme et du yoga se trouve dans la culture de la vallée de l'Indus développée en 2500 ans avant JC et que ces méthodes sont des évolutions des premières pratiques chamaniques.

La Khumba Mela

C'est un évènement important dans la vie d'un sadhu. Autrefois, il avait lieu tous les trois ans et rassemblait toutes les sectes. C'était souvent l'occasion de combats entre Nagas Shivaiste et Nagas Vishnouiste afin de déterminer qui serait en tête de la procession vers le bain. Cette rivalité ne reposait pas seulement sur des différences religieuses ou idéologiques, mais c'était aussi une lutte pour le contrôle de centre religieux qui constituaient de solides sources de revenus et de puissance.

La principale motivation à rejoindre la confrérie des sadhus est sans doute le désir d'illumination spirituelle qui est très fort en Inde où vie et religion sont étroitement mêlées et où la rencontre avec des saint hommes fait partie de l'éducation.

Cependant, d'autres facteurs interviennent. L'aspect romantique de l'ascétisme incarné par les chamans pleins ou les hommes-médecine, peut séduire les plus aventureux. L'image du sadhu "philosophe saint" peut représenter pour les jeunes étudiants en philosophie indienne, la perspective d'une vie vouée à l'étude . Pour les membres des basses castes en rébellion contre leur condition, devenir un saint homme est un moyen d'acquérir le respect et une vie libre. D'autres rentrent en ascétisme pour briser les chaînes familiales et les obligations liées au mariage. Ces aventuriers et rebelles quittent leur famille à l'adolescence et se cherchent un gourou.

La décision d'hommes plus âgés de rejoindre une secte est dictée par des événements traumatisants comme la mort d'un parent, la perte de travail ou un accident grave. Ces événements sont alors considérés comme un signal divin, la manifestation de Dieu.

Une vieille rumeur persiste comme quoi les sadhus volent des enfants afin d'en faire des disciples mais aucune preuve ne vient l' étayer. Cette rumeur est entretenue par les parents qui l'utilise comme "Croque-mitaine" pour faire obéir leurs progéniture.

Il arrive que quelques parents donnent leur fils en contrepartie d'un marché passé avec une divinité afin d'obtenir une faveur ou bien lorsque l'enfant présente des symptômes de prédestination à une vie spirituelle.

L'ascétisme est surtout une affaire d'hommes. Moins de 10% des sadhus sont des femmes et la plupart d'entre elles sont des veuves. Traditionnellement, la femme veuve occupe une position extrêmement marginale dans la société Hindoue en réminiscence de l'ancienne croyance que la femme ne mérite pas de vivre après la mort de son époux et qu'elle devait s'immoler sur le bûcher funéraire de ce dernier. Peu de sectes acceptent les femmes sous prétexte de leur "influence corruptrice". Quelques sectes sont mixtes mais les sadhus femmes appelées sadhvis ont des locaux séparés de ceux des hommes. Quelques sous-sectes sont féminines. Il y a eu de grandes saintes mais en général, leur position dans la hiérarchie est inférieure à celle des hommes. Les sadhvis sont respectées mais la croyance populaire est qu'elles doivent renaître en hommes avant d'être libérées du cycle des réincarnations.

De nos jours, beaucoup de sadhus possèdent des objet "de luxe" selon les standards ascétiques, comme des radios, lecteurs de cassettes et utilisent les commodités modernes comme l'électricité, le téléphone et les moyens de transport. Cependant, leur style de vie reste très archaïque, rejoindre une confrérie de sadhus est un voyage dans le passé. Cet acte reflète une nostalgie des racines humaines, de la simplicité, d'une existence harmonieuse mais il peut aussi constituer une fuite des misères, pressions et complexité de notre époque.

Initiation et renaissance

Les tribulations de la recherche du bon gourou sont un thème récurrent du folklore et légendes, il en est de même de l'acceptation du disciple par le gourou. Si la réalité est assez proche de la fiction, certains gourous acceptent tous ceux qui se présentent car plus le nombre d'élèves est grand, plus le statut , le revenus et les loisirs du Guru sont intéressants.

Devenir disciple (chela) d'un gourou devrait être se comporter comme son fils respectueux, mais souvent c'est travailler comme un serviteur obéissant voire un esclave.

Si l'apprenti est jugé apte à une vie ascétique, il recevra l'instruction préliminaire et sera initié. L'initiation est différente selon les sectes mais elle est toujours basée sur le symbolisme de la renaissance. Au moment de l'initiation, le chela meurt de son ancienne vie terrestre et renaît dans sa vie divine. On ne parle alors plus de son ancienne vie et son âge est recalculé à partir de sa deuxième naissance. Le symbolisme de cette renaissance est le crâne rasé comme celui d'un bébé. Les Shivaistes se rasent le crâne entièrement alors que les Vishnuistes conservent une touffe de cheveux la "Shikka".

Lors de son initiation, le chela reçoit de son Guru un nouveau nom à consonance religieuse qui reflète sa personnalité, indique sa filiation sectaire et sa ligne de précepte.

Le meilleur endroit et moment pour l'initiation est la Kumbha-Mela. Pour les Nagas, c'est l'unique occasion. Trois jours avant le bain principal, la tête du novice est rasée mais la "Shikka" reste. Il enlève ses vieux habits pour revêtir un nouveau vêtement blanc, choisit un bâton "danda" d'un arbre spécial et passe les trois jours à réciter des mantras. Ensuite, avec son groupe d'initiés, il participe à sa cérémonie funéraire au bord de la rivière sacrée. Il est maintenant mort, il abandonne son "danda"et le gourou rase sa "Shikka". Ensuite, ils vont tous au bain, frottent leurs corps de cendre et regagnent leur campement où le gourou leur donne leur mantra personnel.

Le lien avec le gourou est très important. Il est celui qui apporte la lumière, le guide vers l'Absolu. Dans le schéma idéal qui peut exister, le chela sert et vénère son gourou comme une incarnation du Dieu, il cherche à le contenter par tous les moyens, en contrepartie, le gourou le nourrit, le guide et est plus qu'un père pour lui. Dans la réalité, beaucoup de chelas dénigrent leur gourou derrière son dos : ils travaillent trop dur, le gourou n'est pas gentil et ne leur enseigne pas les bons mantras et ainsi de suite. De même, certains gourous se plaignent de leurs chelas : ils sont paresseux, désobéissants, stupides, différents des chelas d'antan de ceux qu'ils étaient eux-même.

Après l'initiation, la confrérie des sadhus remplace l'ancienne famille du chela. Cela se traduit dans le langage, les autres disciples deviennent les Guru-bhai "frères en Guru", le Guru du Guru est dada-Guru "grand-père Guru" et ainsi de suite. La relation entre les "frères en Guru" est en général affectueuse et aussi importante que celle avec le Guru.

La confrérie apporte continuellement au chela une communauté de croyances "satsang" qui se trouve dans la compagnie de saints hommes. Les aînés veillent sur les progrès spirituels des plus jeunes, encouragent les bons élèves, critiquent et quelques fois punissent les mauvais.

Les relations entre les membres de la communauté obéissent à des règles hiérarchiques. Les Babas en haut de l'échelle sont traités avec la plus grande déférence et manifeste de la condescendance envers les chelas. L'importance du statut ascétique dépend de l'âge, de la durée de la carrière, du degré d'accomplissement spirituel , de la sévérité de l'austérité pratiquée, des critères de "cotation de la sainteté" de la secte et est s'exprimé par les noms et titres .

Le nom d'un sadhu est en deux parties. La première est le nom reçu de son gourou lors de son initiation c' est celui d'une déité, d'un personnage mythologique, un lieu saint....Le gourou l'a soigneusement choisi car il constitue une sorte de mantra et reflète la personnalité du disciple. Ce nom saint est un message crypté du gourou, une indication de la position du disciple dans la "vie sacrée" et de la voie qu'il doit suivre. La deuxième partie du nom indique la filiation sectaire.

La manière de s'adresser à un sadhu est d'employer le terme "Baba" "éminent vieil homme" suivi du suffixe de respect "Ji" ou "Maharaja" "grand roi" qui est plus révérencieux, "Mataji" "Mère révérée"est la façon de s'adresser à une sadhvi. Entre eux, ils s'appellent "Mahatma" "Grande âme" .

La plupart des sadhus appartiennent à une secte ou une organisation mais il existe quelques babas indépendants qui suivent l'ancienne tradition de l'ascétisme individuel. Ils ont en général été initiés par un gourou mais refusent de faire partie d'une secte. Les Yogis et les Aghoris sont dans cette catégorie.

A côté des vrais sadhus, se trouvent quelques faux "Saints hommes" qu'un profane a du mal démasquer. Par exemple, des voleurs s'habillent en sadhus pour améliorer leur statut et leur revenu et des criminels se déguisent pour échapper à la police ou détrousser babas et pèlerins. Dans les villages, ils ne trompent pas longtemps mais dans les lieux de pèlerinage ou lors de festivals, ils peuvent faire illusion. Un sadhu se laisse difficilement duper par l'apparence mais pour être sûr , il pose quelques questions apparemment innocentes mais qui contiennent un code connu seulement des vrais sadhus.

La Voie

Pour la plupart des sadhus, la philosophie en tant que système rationnel de pensées ne présente pas grand intérêt. Ils préfèrent la vivre en suivant l'enseignement des écritures qui sont pour la plupart des récits mythologiques mais traitent implicitement de philosophie ou de métaphysique. De fait, la tradition asiatique peut être qualifiée d'anti-intellectuelle, la pensée rationnelle y étant souvent perçue comme un des obstacle sur la voie de l'Illumination. Le mental occupe une trop grande place dans le monde des apparences qui n'est pas seulement irréel et impermanent mais est aussi cause de souffrances et peines à l'occasion de renaissances sans fin. Les ascètes travaillent dur pour changer leur perception de la réalité du monde en reprogrammant leur esprit et en traversant le "Voile des illusions" (maya) pour appréhender la vrai réalité . La réalité doit être expérimentée plutôt que mise en mots. Bien sûr, il y a des exceptions qui se trouvent en général dans les plus hautes sphères de la hiérarchie ascétique : les Achariays (professeurs), Swamis (enseignants) et les Mahants (grands) peuvent approcher l'énigme de l'existence sous un angle intellectuel et philosophique.

"les Yogis ayant abandonné tout attachement utilisent corps, leur esprit, leur raison et même leurs sens uniquement dans le but de purifier leur être".

Comme cela est proclamé dans cet hymne, toutes les activités du sadhu ont pour but la purification de son être. Pour cela, toute sa vie est ritualisée, tout son temps est consacré à des rituel magico-religieux, des dévotions à sa déité tutélaire, le yoga, la méditation et les pratiques ascétiques. La purification commence par le renoncement à l'action et à ses conséquences. Les seules actions possibles sont celles dédiées au service de la déité. C'est pourquoi, même les activités les plus triviales du sadhu, comme balayer le sol, prendre un bain, cuisiner,... doivent être accomplies comme des offrandes rituelles.

L'action vraie

Le renoncement au plaisirs des sens commence par celui à toutes possessions et aux plaisirs qu'elles procurent. Les sadhus doivent posséder uniquement le strict nécessaire à leur survie et à la pratique de leur rituel. La simplicité des choses qu'ils utilisent et le minimalisme de leur vêtement illustrent cette obligation de pauvreté. La nudité est la meilleure expression de ce précepte de dénuement, mais de nos jours, seuls quelques élus la pratiquent. La plupart des saints hommes s'habillent d'un simple morceau de tissu et quelques uns lui préfèrent des produits naturels comme es feuilles de bananier. Les sadhus ne travaillent pas, ils ne produisent pas et leur subsistance dépend de la générosité des dévots. Les dons arrivent assez facilement lorsqu'ils sont reconnus comme des hommes saints ayant des pouvoirs, mais les moins charismatiques, pas forcément les moins saints, doivent mendier. Une forme de mendicité passive consiste à s'asseoir sur le passage des croyants et d'attendre leurs oboles. Les croyants considèrent de leur devoir religieux de supporter les babas et savent que la mendicité fait partie des pratiques ascétiques.

Quelques sectes poussent le principe de pauvreté encore plus loin en réglementant les dons qu'elles peuvent accepter : pas d'argent, seulement de la nourriture cuisinée ou non, ne pas quémander auprès de certaines castes ou certains jours.

Si un baba reçoit plus que de quoi satisfaire ses besoins immédiats, il doit distribuer le surplus à ses condisciples babas ou subventionner son organisation. Les diverses organisations distribuent chacune à son tour un repas par jour aux sadhus et aux pauvres.

La sexualité constitue le plaisir des sens qui doit être proscrit absolument. Le célibat est sûrement l'exigence ascétique la moins compréhensible pour les hommes ordinaires qui considèrent le plaisir sexuel comme un droit et même comme un besoin biologique sans lequel la vie n'a quasiment plus de sens. Le célibat découle de la conviction que l'énergie sexuelle peut être sublimée en pouvoir spirituel et même en béatitude éternelle. Par le rejet de la sexualité, l'ascète se place en marge de la société, le célibat entraîne un désintérêt pour les relations sociales. La nourriture, autre source de plaisir, doit se limiter au minimum vital. Elle peut être prise comme "médicament" (les vrais médicaments devant être idéalement proscrits) et doit être transmutée en "nourriture divine" "prasad" par l'offrande d'une partie au feu et aux dieux. Tous les sadhus sont végétariens pas seulement pour se conformer au principe de protection des créatures vivantes mais aussi parce que la viande est polluée et est supposée augmenter l'appétit sexuel. Un repas par jour est suffisant.

Vivre au pieds des arbres

La sécurité et le confort d'un "chez soi" sont à abandonner. L'idéal est de vivre dans les temples ou au pied d'un arbre. Beaucoup de sadhus surtout jeunes et aventureux suivent cet ancien précepte d' itinérance et ne restent pas plus de quelques jours au même endroit. Ils voyagent légers, seuls ou en groupe et vont de lieu saint en lieu saint. Autrefois, ils marchaient, aujourd'hui, il prennent le train lorsque c'est possible, ils bénéficient d'une coutume ancienne qui les autorise à prendre ce transport gratuitement. Un pèlerinage célèbre consiste à se rendre aux quatre coins de l'Inde : Badrinath au nord, Puri à l'est, Rameshwaram au sud et Dwarka à l'ouest. Un autre circuit qui dure deux ans et est plutôt apprécié par les Shivaistes suit le cours de la Narmada .

Comme les oiseaux migrateurs, les sadhus bougent selon les saisons: l'hiver au sud et l'été dans l'Himalaya. Mais après quelques années d'errance, la plupart se trouvent un point de chute. Après les temples et le pied d'un arbre, les endroits favoris sont les grottes, les ermitages dans la jungle , un lieu de crémation, ou les berges d'une rivière sainte ou les abords d'une ville. En principe, ils doivent vivre sur un emplacement appartenant à une organisation religieuse mais quelques uns squattent des lieux publics. Le sadhu a pour règle de se fixer à un endroit consacré à sa déité ou bien considéré saint par tous comme Bénares, Allahabad et Rishikesh.

Les lieux sacrés pour les Shivaistes sont Hardwar, Ujjain, Nasik et Junagath. Les adeptes de Rama vont à Ayodhya, Chitrakut, Rameshwaran et Dwarka. Ce sont des endroits pleins de pouvoirs où les dieux ont touché la terre, où il existe une passerelle entre le ciel et la terre. De plus , dans de tels endroits, il y a une quantité de temples et ashrams où manger et un flot continu de pèlerins qui vénèrent leur dieu mais consultent aussi les babas et pourvoient à leurs besoins.

A l'exception des ermites invétérés qui coupent tout contact avec le monde, la plupart des sadhus sont sociables et hospitaliers. Ils se rendent visite régulièrement et invitent avec une générosité royale. Ils partagent tout ce qu'ils ont : nourriture, boisson et cigarettes avec leurs visiteurs sans peur du lendemain. Bien sûr, les visiteurs ont des devoirs, les piques assiettes ne sont pas appréciés, par accord tacite, le visiteur doit contribuer, selon ses moyens, à l'entretien des sadhus, par des dons en nature ou par des services. Ces offrandes sont pour la déité et n'ont pas pour but de flatter l'ego du sadhu ou bien de l'enrichir. C'est ainsi qu'elles sont acceptées.

"Vivre sous un arbre" sans murs, présente l'inconvénient que tout un chacun peut déranger la paix de l'endroit où pire le polluer. Afin de préserver la pureté et de sanctifier son endroit, le baba instaure des règles de conduite et de barrières virtuelles autour de son domaine. Lorsqu'il entre dans ce territoire, le visiteur doit, tout comme à l'entrée d'un temple, se déchausser. Il doit traiter le baba avec respect, lui adresser le salut en usage dans sa secte et attendre qu'il lui désigne la place où s'asseoir. Il s'assoit alors sur le sol, jambes pliées et pieds cachés. Le baba s'assoit sur un emplacement généralement surélevé, de la taille d' un lit, constitué de couvertures empilées. C'est un endroit très privé que seuls d'autres sadhus peuvent partager avec lui, les gens ordinaires veillent à ne pas le toucher.

La fonction sociale d'un Baba

La principale fonction du baba peut être décrite comme donner de l'énergie spirituelle, ce qu'il peut faire par diverses méthodes. Parmi les offrandes qu'il a reçues : des fruits, des sucreries, des fleurs, certaines sont sacrifiées à la déité, il en garde une partie, mais la majorité est rendue aux croyants. Ces dons ont alors été chargés d'énergie spirituelle par le toucher ou la proximité du sadhu et sont ainsi devenu "prasad" "nourriture divine". Les cendres de son feu sont aussi distribuées comme des "prasad" et utilisées à des fins spirituelles ou médicales. La vision d'un sadhu suffit au transfert d'énergie à condition que celui qui la reçoit ait la bonne attitude de respect et d'adoration. Il doit avoir conscience d'être en présence d'un saint homme, d'une représentation du Dieu, d'un ascète qui a renoncé aux plaisirs terrestres pour atteindre sa libération mais aussi celle des autres. Cette façon de transférer l'énergie par la vision d'une image pieuse ou d'un sadhu est appelée : "donner le darshan". Le "prasad" et le "darshan" sont les deux principales méthodes de transfert d'énergie, mais il y en a d'autres.

Les visiteurs qui ont un mauvais karma, des vibrations trop négatives ou des habitudes trop impures ont seulement le droit de jeter un bref regard sur le baba pour profiter du bénéfice du "darshan" sans polluer l'atmosphère. Après tout, chacun est responsable de son karma . Un baba peut prendre en charge une partie du karma d'un autre pou l'aider, mais il doit en supporter les conséquences. Les sadhus ne sont pas idéalistes au point de penser qu'ils peuvent ou doivent aider tout le monde. Ils sont plutôt assez réalistes pour accepter le fait que certains individus ont dépassé les limites de la rédemption.

Lors de la première rencontre, le visiteur doit faire un don, sa magnificence reflète l'importance du Baba et de son visiteur. Ce présent peut être de l'argent, mais si le Baba est fumeur, un bon morceau de haschich sera préféré. Si le Baba apprécie le visiteur, il lui offrira du thé, de la nourriture , de quoi fumer et il lui racontera des histoires instructives. Toute l'attention doit être portée sur le Baba; s'il est talentueux, cela se fera naturellement. Dans son "royaume", le Baba fait ce qui lui plait, il n'a de compte à rendre à personne excepté à son gourou.

Les idoles vivantes

Les Hindous habitent un pays enchanté dans lequel les dieux se manifestent sous de multiples formes : montagnes, rochers, falaises, pierres, océans, rivières, lacs, arbres, plantes, animaux et êtres humains. Comme si ce n'était pas suffisant, le Divin se manifeste aussi dans les créations humaines comme la sculpture, la peinture et la musique.

Aussi longtemps que la perception du Divin (Suprême darshan) n'est pas réalisée, ce qui est le cas de la plupart des mortels, avoir un "darshan" avec une des manifestations du Divin constitue une approche de la nature de "l'Être Suprême". Avec le rituel d'adoration, le dévot établit une relation avec le Divin à travers une de ses représentation. Cette pratique augmente son énergie spirituelle car les idoles sont considérés comme des accumulateurs et des conducteurs de cette énergie.

Les sadhus peuvent être considérés comme une classe spéciale d'idoles. Après tout, par leur apparence et leur comportement, ils ressemblent aux dieux de la mythologie tels que l'iconographie les représente.

La peur que certains indiens éprouvent vis à vis de ces hommes saints contredit la vénération que ces idoles vivantes inspirent. Les Babas ont depuis la nuit des temps une réputation de sorciers jeteurs de sorts et certains renforcent cette frayeur par un comportement outrancier et provocateurs.

Les Icônes

Les sadhus endossent la personnalité de leur déité, ils aspirent à lui ressembler, à s'immerger en elle grâce à la métamorphose de leur corps en "véhicule divin" et par le rituel de transformation de la vie quotidienne en une existence sacrée. Quelques sadhus ont conscience que leur déité est seulement une projection anthropomorphique du Brahman , le Dieu abstait et sans nom et utilisent cette image comme une aide pour approcher l'Absolu. D'autres croient à l'existence de leur déité et la considèrent comme le seul Vrai Dieu ou comme le plus puissant du panthéon. Ils croient à sa présence dans l'idole et à la communication avec elle à travers son adoration.

Dans l'hindouisme, l'existence simultanée de ces croyances contradictoires ne pose aucun problème, on peut ou non croire en l'Absolu, adorer un dieu mineur voire une idole, tout cela revient au même, tout est vérité. Les différences entre adeptes de Shivas et adeptes de Vishnu sont surtout superficielles, le symbolisme et les rituels révèlent les racines ascétiques communes qui ramènent à Shiva, le dieu des Yogis .

L'apparence

Les sadhus s'habillent très différemment du reste de la population, leurs couleurs de prédilection sont des déclinaisons de rouge, orange, safran , ocre et rose, les couleurs du feu, du soleil, du sang et de la terre. Les Aghoris s'habillent en blanc, couleur de la mort et du renoncement.

La plupart des sadhus ceignent leur taille d'une pièce de coton sans coutures et posent un châle sur leurs épaules. Certains portent un tee-shirt ou une veste, mais aucun ne porte de pantalons.

Quelques Babas ne s'habillent qu'avec des matières naturelles comme des feuilles de bananier, d'autres avec des matières très rugueuses et d'autres encore avec des vêtements en patchwork faits avec des matériaux de récupération.

La nudité symbolise le mieux le caractère ascétique, elle étonna les Grecs qui les premiers rencontrèrent les sadhus au 3 ème siècle avant JC et qualifièrent ces derniers de "philosophes nus". Autrefois ces philosophes nus se rencontraient dans de multiples sectes, aujourd'hui, seuls les Shiva Naga pratiquent encore la nudité et encore en certaines occasion et sur leur territoire. La nudité marginalise le sadhus, elle signifie un détachement du monde, un retour à l'innocence de l'enfant. En même temps, se promener nu par tous les temps est une rude épreuve.

La majorité des sadhus se peint les insignes de leur déité (Tilak) sur le front, les dévots en visite dans un temple font de même. Les femmes indiennes considèrent le point entre leurs sourcils comme participant à leur maquillage. Les formes, couleurs et matières du tilak diffèrent suivant les sectes.

Le Tilak des Shivaistes est constitué de trois lignes horizontales fait avec de la cendre, du bois de santal ou d'autres pigments jaunes ou oranges, un point ( bindu) rouge ou noir peut compléter les traits . Ces lignes sont liées au trident de Shiva et représente la trinité Shiva, Visnu et Brahma et le bindu représente le troisième oeil de Shiva..

Le Tilak des vishnuiste est vertical, il est formé de deux lignes blanches ou jaunes formant un U allant de la base du nez à l'implantation des cheveux et d'une ligne rouge verticale ou un point représentant Sita.

Le port de la longue chevelure (jata) est en vigueur aussi bien chez le Vishnuistes qu chez les Shivaistes. C'est un symbole de virilité et de force, un emblème des pouvoirs surnaturels du sadhu. A l'inverse, d'autres babas se rasent la tête, les joues, la poitrine, les aisselles et l'aisne.

La morphologie idéale du sadhu est celle d'un jeune garçon.

Pendant qu'ils assurent leurs rites, les sadhus prennent des postures de hatha-yoga, durant les cérémonies ou pour des photos ils prennent des poses officielles qui consistent à faire des postures de mains (mudras) représentatives de leur déité. Les pieds du sadhus ont un rôle important dans son interaction avec le monde. Les pieds sont considérés comme d'excellents conducteurs de l'énergie spirituelle, les toucher permet de transférer cette énergie. De plus le côté pratique de cette croyance est que les pieds sont une partie du corps que le sadhus peut présenter à l'attouchement sans crainte d'être pollué.

Par les pieds, on prend l'énergie du sol, ce qui est un bonne raison de se déchausser à l'entrée des lieux saint, d'autan que les chaussures sont considérées comme très sales et très impures.

Masser les pieds de son guru est un privilège.

Avec leur costume, leur maquillage, les sadhus ressemblent à des acteurs en scène. S'ils sont nombreux à manifester un grand talent dans l'art de se mettre en scène, quelques uns ne s'élèvent pas au dessus du niveau d'homme de spectacle, mais certains sont vraiment sincères et profonds.

Glossaire des mots utilisés dans les pages consacrés aux sadhus achariay : professeur

baba : éminent vieillard

bindu : point peint sur le front

chela : élève

danda : bâton insigne d'autorité

darhsan : méthode de transfert de l'énergie spirituelle

gourou : maître spirituel

jata : longue chevelure du sadhu

mahant : grand

mantra : formule magique à réciter

maya : voile des illusions

mudra : position de mains

naga : nu

prasad : nourriture divine

sadhana : méthode pour atteindre la "lumière intérieure"

satsang : communauté de croyances

shikka : mèche de cheveux sur le crâne rasé des adeptes de Vihnu

swami : enseignant

tilak : insigne de la divinité peint sur le front




# Posté le jeudi 28 juin 2007 03:58

Modifié le mardi 17 juillet 2007 06:58

Aujourdh'ui le Monde entier l'a oublié

Aujourdh'ui le Monde entier l'a oublié
Accroupie dans un camp très sale du Darfour, Hawa Hamed, une jeune femme de 25 ans, raconte une histoire tragique mais hélas banale. Il y a trois mois, son village a été attaqué par une milice arabe, sa case brûlée et plusieurs de ses parents tués. «Ils sont arrivés comme une tornade», dit-elle, mais elle et son mari ont réussi à s'échapper avec leur petite fille, en marchant à travers le désert pendant des jours comme des milliers d'autres.
L'histoire d'Hawa Hamed présente une originalité par rapport à la plupart des 2 millions d'êtres humains qui vivent dans les camps darfouriens. Elle est du Tchad et non du Soudan. Quand elle a fui ses persécuteurs en traversant une rivière à sec dans le désert, elle est devenue une réfugiée au lieu de n'être qu'une personne déplacée car elle avait franchi une frontière internationale.
Les nomades sont habitués à passer du Soudan au Tchad et inversement quand ils cherchent de l'eau et de quoi faire paître leurs bêtes. Mais dans le contexte du conflit du Darfour, qui dure maintenant depuis quatre ans, la fuite d'Hawa Hamed passant cette ligne invisible dans les sables sans traces de l'Afrique centrale marque une nouvelle et gravement dérangeante évolution de la situation.
La crise du Darfour n'est plus confinée au Soudan. Elle a éclaboussé le Tchad voisin et même la partie sauvage du nord-est de la République centrafricaine. Aujourd'hui, les attaques des jenjawids n'ont plus lieu uniquement sur les terres incultes du Darfour mais depuis plusieurs mois, les offensives des rebelles, soutenues par la milice arabe, sont menées dans l'est du Tchad, où les Nations unies dénombrent désormais 110 000 personnes sans domicile, soit deux fois plus que l'an dernier.
La Centrafrique est également la cible des rebelles : on évalue à 250 000 le nombre de personnes récemment déplacées en raison de l'insécurité dans le nord du pays. Pour échapper au chaos, des dizaines de milliers de civils traversent désormais la frontière, fuyant les zones de conflit les unes après les autres.
Les réfugiés ne sont pas un nouveau phénomène dans le contexte de la crise du Darfour, plus de 220 000 Soudanais s'éternisent dans les camps du Tchad depuis les années 2003-2004, quand leurs villages ont été détruits par les jenjawids.
Pendant ce temps, les déplacements continuels de population de la République centrafricaine vers le Tchad ont accru le nombre des réfugiés, désormais proche de 50 000.
La sécurité y est tellement aléatoire que des Tchadiens, comme Hawa Hamed, et des Darfouriens cherchent asile au Darfour plutôt qu'ailleurs.
Aujourd'hui, l'extension du conflit au Tchad et à la Centrafrique menace de déstabiliser une région importante au coeur de l'Afrique, avec pour conséquence des souffrances accrues pour des centaines de milliers de personnes. La crise grave qui touche ces trois pays signifie pour le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) et toute la communauté humanitaire un défi hors du commun. Si la sécurité dans la région devait encore empirer, la communauté internationale serait dans l'impossibilité de continuer à agir.
Plus de 3 millions de personnes dépendent de l'aide alimentaire au Darfour, au Tchad oriental et dans le nord-est de la Centrafrique. Pour éviter un désastre humanitaire, l'acheminement des vivres avant la saison des pluies est essentiel. Le coût total de cette opération pour ces trois pays dépassera 600 millions de dollars US en 2007.
Le financement n'est pas le seul défi auquel le PAM est confronté dans le cadre de cette opération délicate. L'absence de sécurité dans la région empêche les travailleurs humanitaires, qu'ils soient du PAM ou de ses partenaires, d'effectuer leurs tâches dans des conditions acceptables. Quand les hostilités se déclenchent, les couloirs humanitaires sont en règle générale coupés, privant des centaines de milliers de personnes d'aide alimentaire.
Au Tchad, les opérations d'aide non urgente ont déjà été annulées dans l'est du pays depuis plus de quatre mois, et aujourd'hui ce sont les opérations d'urgence qui sont menacées si nous ne parvenons pas à acheminer l'aide alimentaire avant la saison des pluies, pendant laquelle les routes seront impraticables. En Centrafrique, les zones les plus touchées ne peuvent être atteintes que difficilement, du fait de l'insécurité et des mauvaises infrastructures de transport.
Tandis que le monde réclame qu'une solution politique soit apportée, avec envoi de troupes de Casques bleus de l'ONU dans les trois pays, les travailleurs humanitaires doivent obtenir un accès sûr à la région pour que l'aide continue d'être remise à ceux qui en ont un besoin vital. C'est le rôle de ceux qui cherchent une solution politique que de garantir cet accès. Sinon, nombre d'innocents risquent d'être piégés comme Hawa Hamed, et continuer à fuir une zone de conflit pour arriver dans une autre.

Source: Par Kenro OSHIDARI, Félix BAMEZON
QUOTIDIEN : jeudi 31 mai 2007

# Posté le dimanche 03 juin 2007 11:50

Modifié le samedi 09 juin 2007 08:02